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COVID-19 , hausse importante des infections nosocomiales à COVID-19

3 mars

Bernard P. est entré en cardiologie pour un double pontage ; dans sa chambre après son opération, il se retrouve avec un voisin de chambre admis pour cause de COVID-19, hospitalisé en chirurgie cardiaque par manque de place en médecine.
Bernard proteste, on le change de chambre ; après sa sortie chez lui, il déclare la maladie COVID-19, il en décèdera trois semaines après.
Ce matin encore un nouveau témoignage, celui d’un médecin. Sa patiente Marie-Noëlle est en cours de traitement de chimiothérapie. Hospitalisée pour un traumatisme de la cheville, elle sera contaminée au cours de son séjour et décèdera de la COVID-19.

D’après les chiffres publiés par Santé publique France, le risque d’être contaminé par la Covid-19 à l’hôpital, que l’on soit patients ou professionnels, connaît une importante augmentation. L’agence sanitaire a recensé 44.401 cas de Covid-19 nosocomial entre janvier 2020 et le 14 février 2021 : 26.839 étaient des patients, dont 186 sont morts, 17.552 des professionnels de santé et 10 des visiteurs.

Publication Santé Publique France (SPF) :
En 2020, 5159 signalements de maladies nosocomiales ont été rapportés, dont 60% (3095) concernent spécifiquement des cas de Covid-19 nosocomiaux, indique le rapport du 21 janvier.
A eux seuls, les signalements de Covid nosocomiaux réalisés en 2020 représentent presque autant que l’ensemble des signalements des autres maladies nosocomiales constatés en 2018 (3197) et 2019 (3219).

Certes la question de la vaccination des soignants est posée, mais celle des organisations hospitalières, des circuits de patients et de leur protection aussi.

https://www.lindependant.fr/2021/03…

Un tiers des cas venus des soignants
Dans 57 % des cas groupés étudiés par Santé publique France, le patient était à l’origine de la contamination.
Dans 34 %, il s’agissait d’un professionnel et dans 6 % d’un visiteur.
Alors que contrairement à la première vague, les activités hors Covid ont été maintenues dans les hôpitaux, ce sont dans les services non-Covid ou aux urgences, où les patients ne sont pas testés de manière systématique, que les foyers de contaminations apparaissent.
L’utilisation des chambres doubles pourrait par ailleurs expliquer 14% des transmissions nosocomiales. Et l’arrivée des variants, plus contagieux, n’arrange rien.

Outre la crainte de tomber gravement malade, ces clusters sont surtout un « cercle vicieux en termes de ressources humaines » pour l’hôpital, déplore Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon. Les contaminations et les arrêts maladie créent des tensions sur le personnel soignant restant et obligé de s’occuper de davantage de patients, accroissant d’autant le risque de propager le virus.

SPF rapport page 35
https://www.santepubliquefrance.fr/…

Signalement d’infections à SARS-CoV-2 nosocomiales
Depuis 2001, le signalement externe des infections nosocomiales permet aux établissements de santé (ES) d’alerter l’Agence régionale de Santé (ARS), le Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPias) et
Santé publique France de la survenue d’infections émergentes et/ou épidémiques lorsqu’elles sont associées aux soins.
Depuis 2012, ce signalement est dématérialisé via l’outil e-SIN. Les cellules régionales de Santé publique France ont également accès à ces signalements.
Depuis mars 2020, les ES peuvent signaler des cas (isolés ou groupés) de
COVID-19 nosocomiaux, c’est-à-dire survenus au cours ou au décours d’une prise en charge dans un ES.
Entre le 1er janvier 2020 et le 17 janvier 2021, 5 493 signalements ont été émis via e-SIN, dont 5 159 en 2020. Ce nombre est largement supérieur (+61%) à celui des signalements émis en 2018 (n=3 197) et 2019 (n=3 219).
Par ailleurs, en 2018 et 2019 la part des signalements de bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe) représentait un peu plus de 60% des signalements.
En 2020, les signalements de COVID-19 nosocomiaux ont modifié cette dynamique, puisqu’ils comptaient pour plus de 60% de l’ensemble des signalements reçus (Figure 35)

Pour mémoire
L’Intersyndicale nationale des internes (ISNI) révélait en juin dernier que si 40,3 % des internes ont manifesté des symptômes évocateurs du COVID-19, la moitié d’entre eux ont continué à travailler tout en étant contagieux.
L’étude avait mis aussi en lumière des déficits majeurs en ce qui concerne l’accès aux tests diagnostiques, aux masques FFP2, et même à une formation adaptée.

Enquête de l’ISNI, rendue publique le 17 juin déroulée entre le 4 et 19 mai derniers.
981 internes avaient répondu à un questionnaire mis en ligne sur Internet.
https://isni.fr/wp-content/uploads/…

Claude Rambaud

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