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COVID – 10 - Bas les masques !

13 mars

Ecoles fermées, interventions chirurgicales reportées, déplacements limités, confinement des plus âgés de 70 ans, distance entre nous, et mains propres, quelques mesure à respecter mais où sont passés les masques ?

Alors que l’OMS et les experts œuvrant dans la prévention des infections conseillent aux professionnels de porter un masque médical en présence de patients suspectés ou confirmés infectés, signifiant ainsi que le port d’un masque médical est très efficace pour un soignant non malade face à une personne contagieuse, il nous est toujours apparu très étrange d’entendre que porter un masque ne servait à rien pour les autres, pourtant parfois en proximité, sans le savoir, avec une personne atteinte par COVID-19.

En effet, cette pneumonie passe par les voies respiratoires de l’émetteur qui tousse, éternue et projette le virus alentour et du récepteur qui inhale le virus transporté dans l’air, ou par des mains sales contaminées par des objets par exemple ; on ne voit pas comment un récepteur non soignant ne serait pas exposé à un émetteur qui, par ailleurs, peut être contagieux sans le savoir lui-même.

Oui, le virus est un virus respiratoire ; il peut certes nous contaminer par une main sale portée au visage, mais cette voie de contamination importante ne saurait faire oublier la contamination par une toux ou un éternuement d’une personne infectée proche de nous pouvant se projeter jusqu’ à plus de 2 mètres.

Aussi, face au risque de contamination, la campagne de prévention, outre le lavage des mains, se concentre aussi sur la distance à respecter entre chacun, quel que soit le statut médical connu des personnes en proximité, c’est-à-dire avec ou sans signe de pneumonie.
Respecter la distance, le ministre le répète depuis son arrivée, c’est ne pas s’embrasser, ne pas se serrer la main, respecter une distance minimum avec toute autre personne, souvent impossible à tenir dans bien des circonstances comme les transports en commun.

C’est pourquoi, nous avons sur ce site proposé rapidement de créer des masques « maison » dès que nous avons compris que la France et les français pourraient souffrir de la pénurie de masque, pénurie mondiale semble- -il, tout en sachant que l’efficacité de ce type de masque est bien inférieure à celle d’un masque bénéficiant d’une norme européenne ad hoc ; en effet le taux de fuite de tels masques est très élevé.
Néanmoins, la protection qu’ils offrent n’est pas zéro ; et ne baissant pas les bras, nous avons mis déjà en ligne successivement deux tutos pour que chacun puisse réaliser son masque maison, l’un coréen et plus récemment l’autre, japonais, plus facile à réaliser .Sur le plateau de France 2, le Pr Caumes les recommandait récemment en tissu plutôt qu’en papier.

Ne portez pas de masque si on ne vous demande pas expressément d’en porter, telle est la parole des experts français.
Autrement dit, n’avancez pas masqués ! et offrez libre accès au virus, que ce soit par les airs ou par une main sale inconsciemment portée à la bouche ou au nez.

Pourquoi un masque « maison » serait une fausse bonne idée de sécurité ? il parait que certains en profiteraient pour moins se laver les mains ( !), et puis on ne saurait pas grand-chose sur l’efficacité du port de masque par des personnes non malades, et par ailleurs non soignantes !

L’OMS avance : « un masque médical n’est pas nécessaire car aucune preuve n’est disponible sur son utilité pour protéger les personnes non malades ».

Certes, il est vrai que le taux de fuite très élevé est dépendant de la qualité de la barrière textile et de la forme qui doit être bien enveloppante pour isoler les voies respiratoires, les deux laissant passer l’air à respirer.
Cependant aucune preuve, non plus, n’est disponible sur son inutilité, voire sa nuisance.

Alors que l’épidémie gagne du terrain que l’on dit aux plus âgés de rester chez eux… à défaut de masques chirurgicaux ou de FFP2 d’une incomparable efficacité, peut-on accepter une pénurie de masques comme une irrésistible fatalité ?

A cette question, une première réponse nous est donnée par un premier article de
Ian Lipkin, professeur d’épidémiologie spécialiste international des coronavirus et des maladies infectieuses à l’université de Columbia (New York) que nous remercions bien vivement.
C’est à la suite de cet article que nous avons osé mettre des tutos masques maison en ligne.

Pour cet épidémiologiste renommé, le port du masque par ceux qui ne sont pas malades a aussi son intérêt.
Il considère qu’en ce cas, si l’on porte un masque, cela rend plus conscient de ce que l’on fait avec les mains portées au visage. Parfois, les infections se propagent non pas parce que quelqu’un tousse, éternue et postillonne autour de soi, mais parce qu’après avoir touché quelque chose d’infecté, on porte des mains contaminées à ses propres yeux, nez, ou bouche et le virus trouve ainsi une entrée pour s’infiltrer et se développer.

Ainsi nous disons que cet effet de prévention est à prendre en considération. Il peut être obtenu par un masque en tissu, peut-être en y ajoutant une ou deux feuilles de sopalin entre deux couches de tissu, ou comme en Italie en ce moment, une feuille de papier cuisson à l’intérieur , cet inter couche sera changée à chaque lavage.

https://www.newyorker.com/magazine/…

Puis le 11 mars, nous avons été confortés dans cette piste de masque « maison » lorsque notre conseiller médical, Jean-Pierre Thierry, nous a communiqué un article du British Medical Journal, ou BMJ, revue médicale britannique.
Pour les auteurs de cet article, l’utilisation par le public d’un masque en tissu pourrait aider à limiter la propagation de l’infection, même s’il n’y a que des avantages modestes à le porter en matière d’autoprotection et de contrôle des personnes sources.

Cet article intitulé Porter ou ne pas porter : directives confuses de l’OMS sur les masques dans la pandémie de Covid-19, pointe les incohérences du débat et des recommandations OMS sur le sujet de savoir s’il convient de porter ou non un masque pour une personne présumée non malade et l’efficacité d’un masque maison à défaut d’un masque aux normes CE.

Selon les auteurs de ce second article ( BMJ) les recommandations de l’OMS sur le port de masques pendant la pandémie de Covid-19 créent une véritable confusion.

Par exemple, l’OMS reconnait que :
« il existe des preuves que les masques offrent une protection dans les milieux communautaires lorsqu’ils sont portés. »
Mais poursuit : « Le port de masques médicaux lorsqu’ils ne sont pas indiqués peuvent créer un faux sentiment de sécurité qui peut conduire à négliger d’autres mesures essentielles telles que les pratiques d’hygiène des mains. »

L’article du BMJ relève qu’à en juger par l’achat massif de désinfectants pour les mains et de savon, et en même temps de masques, il semble que les gens ne négligent pas de prendre d’autres mesures de précaution même s’ils portent un masque.

Enfin si l’OMS soutient qu’un masque médical n’est pas nécessaire car aucune preuve n’est disponible sur son utilité pour protéger les personnes non malades, les auteurs nous apprennent qu’ il y a eu des essais sur l’utilisation communautaire des masques par une personne non malade qui ont montré qu’ils réduisaient la grippe ou les maladies pseudo-grippales dans la communauté … et lorsque l’hygiène des mains et le port de masques sont utilisés ensemble, leur efficacité est démontrée.

L’OMS recommande que les parents ou les soignants de personnes soupçonnées de covid-19 qui présentent de légers symptômes respiratoires « devraient porter un masque médical lorsqu’ils se trouvent dans la même pièce que la personne concernée ».
Notre ministre assurait la semaine dernière que tous les français dans cette situation allaient bénéficier d’une prescription de masques à utiliser en présence d’un malade pris en charge à domicile de façon à prévenir la transmission dans les familles.

Une prescription oui, mais si les pharmacies ne sont pas approvisionnées comme le disent les familles depuis ce matin, face aux tensions crées dans les pharmacies, un membre d’un syndicat de pharmaciens appellent les médecins généralistes à ne plus prescrire de masques puisqu’il n’est pas possible d’en délivrer !

Cependant, si l’OMS conclut que « les masques en tissu ne sont en aucun cas recommandés » cet avertissement ne relève d’aucune étude en milieu communautaire ; par ailleurs il en va de même pour certaines mesures de distanciation sociale prises (comme la fermeture des écoles), et les masques en tissu sont sans doute plus réalisables dans la pratique.

Par ailleurs , les auteurs de l’article du BMJ relèvent que les gouttelettes contagieuses peuvent parcourir plus de deux mètres lors d’éternuements par exemple. Et concluent ainsi leur analyse :

« le manque regrettable de recherches sur les masques en tissu et aucun essai contrôlé randomisé ne semble avoir été fait sur eux dans les milieux communautaires …
Cependant, les masques en tissu faits maison (bien qu’ils ne se soient pas révélés aussi efficaces que les masques chirurgicaux) dans les tests de laboratoire ont quand même montré qu’ils réduisaient la transmission de la source et bloquaient les aérosols externes…
Les masques en tissu sont aussi réutilisables et leur potentiel de production en série est plus important.

Il serait souhaitable que le gouvernement prenne en main le sujet pour proposer avec l’aide d’ingénieurs biomédicaux ce que les scientifiques appellent un mode dégradé c’est-à-dire une solution d’attente de réapparition de masques normes CE, pour tous ceux qui en souhaitent, la plus satisfaisante possible.

en savoir plus :
Aileen Lai-yam Chan, CC Leung, TH Lam et KK Cheng, sur

https://blogs.bmj.com/bmj/2020/03/1…

modèle japonais à faire soi - même
https://soranews24.com/2020/03/06/1…

L

Claude Rambaud

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