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Coronavirus, actualités au 6 février

2 février

L’agence Santé Publique France déclenchait la vigilance en France le 20 janvier. La Le 6 février matin l’épidémie de coronavirus en Chine aurait déjà fait, selon les données publiées par la Chine, plus de 563 morts et plusieurs dizaines de milliers personnes contaminées y sont recensées ; le seul nombre connu des morts et des contaminés est celui publié officiellement mais que se passe t il dans les campagnes ou les petites villes des provinces où sévit aussi cette pneumonie virale très contagieuse ? On sait depuis quelques jours que le premier cas remonte en Chine à mi-décembre , peu-être début décembre et aucune mesure n’a été prise avant le 23 janvier où toute une ville est alors confinée puis une région.
Pékin reconnaissait dès lundi des « insuffisances », aujourd’hui on parle de « défaillances » dans son système d’alerte et de surveillance et en appelle au reste du monde pour répondre à la crise et s’approvisionner en équipements et produits de santé.
Après un vol de retour des français de Chine qui le souhaitaient, ces « rapatriés » arrivés à Istres par deux vols récents sont sous surveillance médicale et ne présentent à ce jour aucun signe d’atteinte virale ; cependant de nombreux voyageurs sont arrivés en France venant de la province chinoise concernée, avant l’arrêt des vols, pendant tout le mois de janvier, et sans aucun contrôle médical ? On peut juste espérer que si certaines personnes étaient atteintes des signes de cette infection virale, elles se sont bien manifestées auprès du centre 15 ou d’un médecin et n’ont pas déjà contaminé d’autres personnes ; mais si la période d’incubation est bien de 14 ou 15 jours, nombre de ces personnes peuvent se promener en France et dans le monde sans se savoir atteintes et peuvent encore transmettre la maladie.
Oui, l’épidémie inquiète ! et la Chine dont l’OMS vantait le sens des responsabilités reconnait depuis hier son insuffisance de réaction ; seuls quelques infectiologues très avertis dans le monde suspectaient que quelque chose d’anormal se passait là-bas. La confiance dans l’OMS qui a tergiversé pour déclarer une alerte internationale est ébranlée. De nombreux lobbies chinois résideraient en son sein et auraient pesé sur ce retard à reconnaître un danger international.
C’est pourquoi le G7 va se concerter pour réfléchir à une réponse à l’épidémie, a annoncé aujourd’hui le ministre allemand de la Santé. « Nous sommes convenus qu’il doit y avoir une conférence téléphonique des ministres de la Santé du G7 » pour apporter une réponse « uniforme » a expliqué Jens Spahn. Son porte-parole a confirmé qu’il avait déclaré aux journalistes avoir parlé au secrétaire américain à la Santé Alex Azar pour rechercher une approche commune entre les pays du G7. Ils ont convenu que les approches isolées étaient moins susceptibles de réussir contre les risques mondiaux posés par le virus.
Outre l’Allemagne et les États-Unis, le G7 comprend également la France, l’Italie, le Japon, le Canada et la Grande-Bretagne. Dimanche, l’Allemagne a déclaré avoir 10 cas confirmés de coronavirus.

Selon la revue scientifique, the lancet, du 31 janvier, étant donné que le virus 2019-nCoV n’a pas été contenu dans Wuhan, d’autres grandes villes chinoises subissent probablement des épidémies localisées. Les grandes villes d’outre-mer avec des liaisons de transport étroites avec la Chine pourraient également devenir des épicentres d’épidémie, à moins que des interventions de santé publique importantes, tant au niveau de la population qu’au niveau personnel, ne soient mises en œuvre immédiatement. Des flambées indépendantes et autonomes dans les grandes villes du monde pourraient devenir inévitables en raison de l’exportation substantielle de cas présymptomatiques et en l’absence d’interventions de santé publique à grande échelle. Les plans de préparation et les interventions d’atténuation doivent être préparés pour un déploiement rapide à l’échelle mondiale.

https://www.thelancet.com/journals/…(20)30260-9/fulltext

Se protéger ? Comment ? Se laver les mains, et encore se laver les mains, surtout après avoir pris des transports en commun, ne pas toucher les rampes d’escalier , dans les locaux publics, et éviter aussi les poignées de portes si possible ; porter des gants pour se tenir aux barres dans le métro ou les bus.
Le port du masque ? ça se discute. On ne cesse d’entendre que ce serait inutile pour se protéger.
Il ne serait efficace que dans un sens, éviter de répandre les virus si l’on est atteint de la maladie et protéger les autres ?
Le port d’un masque anti-projections, de type « chirurgical », par une personne non symptomatique n’est pas indispensable et son efficacité n’est pas démontrée, est-il précisé sur le site du ministère de la Santé.
Alors nous dirons que si son efficacité n’est pas démontrée pour se protéger des autres, le contraire ne l’est pas, et si elle est démontrée pour éviter des projections vers les autres, et il y a quelques chances pour que le masque protège soi-même des autres aussi, du moins un minimum. Vous pouvez en glisser un dans votre sac et, dans les transports en commun, si l’on éternue près de vous, le mettre sur votre nez, si vous le souhaitez, c’est aussi bien qu’une écharpe, et si jamais ce n’était pas efficace, cela ne peut aggraver votre situation.
En attendant, évitez surtout d’embrasser les collègues, et même la famille si elle circule beaucoup en transport en commun, de serrer des mains hors de chez soi, c’est déjà un bon moyen pour éviter des risques de contamination, en particulier peut vous éviter d’être infecté par la grippe en cours et fera sans doute plus de morts que le coronavirus.
Déjà 22 décès à cause de la grippe saisonnière depuis novembre dernier en France ; la grippe fait en moyenne entre 6 000 et 14 000 décès en France selon les années et touche de 2 à 6 millions de français.
Rien que de bonnes raisons pour respecter des mesures d’hygiène de base recommandées par l’agence santé publique France.
Pour se prévenir de la grippe, Santé publique France conseille d’adopter des « gestes barrières » :
Se laver les mains régulièrement avec du savon et de l’eau ;
Utiliser des mouchoirs en papier à usage unique et les jeter régulièrement dans une poubelle avec un couvercle.
Se couvrir le nez et la bouche avec un mouchoir en papier chaque fois que vous éternuez ou toussez, et ne cracher que dans un mouchoir en papier ;
Eviter les contacts (serrer les mains, embrasser, partager des objets…) ;
Porter un masque chirurgical (en vente dans les pharmacies) lorsque vous êtes malade ;
Aérer son logement chaque jour.

The Lancet extraits
Selon un scénario prospectif basé sur leur mode de calcul très détaillé dans cet article
Nous avons estimé que 75 815 individus (95% CrI 37 304–130 330) avaient été infectés dans le Grand Wuhan au 25 janvier 2020. Nous avons également estimé que Chongqing, Beijing, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen en avaient importé 461 (227 –805), 113 (57–193), 98 (49–168), 111 (56–191) et 80 (40–139) infections de Wuhan, respectivement (figure 3). Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen étaient les villes chinoises continentales qui, ensemble, représentaient 53% de tous les voyages aériens internationaux sortants de Chine et 69% des voyages aériens internationaux en dehors de l’Asie, tandis que Chongqing est une grande métropole qui compte 32 millions d’habitants. et des volumes de trafic terrestre très élevés avec Wuhan. Une flambée épidémique dans ces villes contribuerait ainsi à la propagation du nCoV 2019 à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine continentale. …
La probabilité que la chaîne de transmission initiée par un cas infecté disparaisse sans provoquer une croissance épidémique exponentielle diminue fortement à mesure que R0 augmente (par exemple, <0 · 2 lorsque R0> 2) .1, 38 En tant que tel, étant donné le volume important de cas importation de Wuhan (figure 3), les épidémies locales sont probablement déjà en croissance exponentielle dans plusieurs grandes villes chinoises. Étant donné que Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen représentaient ensemble plus de 50% de tous les voyages aériens internationaux sortants en Chine continentale, d’autres pays risqueraient probablement de connaître des épidémies de 2019-nCoV au cours du premier semestre de 2020. …

Pendant la période d’épidémie où la transmission interhumaine est établie et où le nombre de cas signalés augmente de façon exponentielle, la prévision immédiate et les prévisions sont d’une importance cruciale pour la planification et le contrôle de la santé publique aux niveaux national et international.
Dans cette étude, nous avons estimé jusqu’à présent la taille de l’épidémie de 2019-nCoV à Wuhan et l’étendue probable de la maladie dans d’autres villes du pays. Nos résultats suggèrent que la propagation humaine à humaine indépendante et autonome est déjà présente dans plusieurs grandes villes chinoises, dont beaucoup sont des plaques tournantes du transport mondial avec un grand nombre de passagers entrants et sortants (par exemple, Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen ).
Par conséquent, en l’absence d’interventions substantielles de santé publique qui sont immédiatement appliquées, de nouveaux semis internationaux et l’établissement local ultérieur d’épidémies pourraient devenir inévitables. Sur la trajectoire actuelle, le nCoV 2019 pourrait être sur le point de devenir une épidémie mondiale en l’absence d’atténuation. Néanmoins, il pourrait encore être possible de contenir la propagation de l’infection de sorte que les premiers cas d’ensemencement importés ou même une transmission locale précoce ne conduisent pas à une grande épidémie dans des endroits en dehors de Wuhan. Pour réussir, des mesures substantielles, voire draconiennes, qui limitent la mobilité de la population, devraient être sérieusement et immédiatement envisagées dans les zones touchées, de même que les stratégies visant à réduire considérablement les taux de contact au sein de la population en annulant les rassemblements de masse, les fermetures d’écoles et en instituant le travail à domicile. par exemple.
Précisément, ce qui doit être fait et ce qui doit être fait est très spécifique au contexte et il n’y a pas d’ensemble unique d’interventions prescriptives qui conviendrait dans tous les contextes.
Si le confinement échoue et que la transmission locale est établie, des mesures d’atténuation selon les plans qui ont été élaborés et exécutés lors des précédentes flambées majeures, telles que celles du SRAS, du MERS ou de la grippe pandémique, pourraient servir de modèles de référence utiles.
La priorité épidémiologique primordiale pour informer le contrôle de la santé publique serait de compiler et de publier une liste de cas suspects, possibles, probables et confirmés et de contacts étroits qui est mise à jour quotidiennement et liée aux résultats cliniques et aux résultats des tests de laboratoire.

https://www.thelancet.com/journals/…(20)30260-9/fulltext

Claude Rambaud

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